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- Mis à jour le jeudi 3 novembre 2011 08:26
- Écrit par Jonathan Charbonnier

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Jean Antoine Nicolas de Caritat, Marquis de Condorcet, naît le 17 septembre 1741 à Ribemont dans l’Aisne. Après ses années de formation chez les Jésuites, il entre au Collège de Navarre où il est distingué par d’Alembert à l’occasion de la soutenance de sa thèse d’analyse. Mathématicien, auteur notamment de travaux sur le calcul intégral, il est reçu à l’Académie des sciences en 1769.
Ami de Voltaire, il apparaît comme le dernier des Encyclopédistes; il est célèbre dans toute l’Europe des Lumières et lié aux plus brillants esprits du temps.
Membre de l’Académie Française depuis 1782, la Révolution le trouve occupé à réfléchir sur les domaines juridiques et économiques. Élu à l’Assemblée législative, dans laquelle il siège comme député de l’Aisne, Condorcet sera un acteur engagé. Il propose, en effet, son célèbre plan d’Instruction Publique qui inspirera un siècle plus tard les fondateurs de l’école républicaine, et dans lequel il affirme : « le maintien de la liberté et de l’égalité exige donc un certain rapport entre les citoyens qui en peuvent recevoir le moins, et les lumières des hommes les plus éclairés, dans le même pays et à la même époque ».
Condorcet est aussi un homme passionné de justice : il lutte contre l’esclavage et la traite des Noirs; en 1781 il écrit : « mes amis, quoique je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardés comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les blancs ».
C’est dans le même souci d’équité qu’il milite pour la reconnaissance de la citoyenneté des juifs et des protestants, pour l’abolition de la peine de mort et pour l’égalité entière des droits pour les hommes et les femmes. « Les droits des hommes résultent uniquement de ce qu’ils sont des êtres sensibles, susceptibles d’acquérir des idées morales et de raisonner sur ces idées. Ainsi les femmes, ayant les mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux ».
Député à la convention, il refuse par conviction abolitionniste de voter la mort du Roi et rédige le projet de constitution le plus démocratique qu’on ait élaboré jusqu’alors.
Décrété en état d’arrestation le 08 juillet 1793, il est mis hors la loi.
Réfugié chez une amie, le proscrit rédige sans aucun document son esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain. Risquant de mettre sa logeuse en danger, il fuit le 5 Germinal de l’an II (le 26 mars 1794). Arrêté, il est emprisonné; le lendemain, il est retrouvé gisant sur le sol de la prison, sans qu’on sache s’il a été empoisonné ou s’il est mort d’épuisement.
L’école fut au centre de son œuvre, parce qu’il voulait la Liberté par la raison enfin instruite, l’égalité reconnue par la loi et la Fraternité affirmée dans l’unité du genre humain : « il s’agit de faire d’une nation d’hommes, un peuple de frères » (premier mémoire sur l’instruction publique).


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